De la capacité pour un concile général imparfait d’élire un pape
Cajetan
« Dans le cas où les normes ne seraient pas applicables, la tâche de les fournir reviendrait à l’Église par RETOUR. » (Apol. chap. XIII).
De Vitoria
« ... créé par le Christ ce pouvoir (spirituel), il ne semble pas juste que l’Église soit dans une pire condition que la société civile, et si cette dernière, en tout cas, en l’absence du prince, peut en nommer un, l’Église peut aussi l’élire... si rien n’avait été prévu, comme cela aurait pu arriver, il n’y aurait pas d’autre moyen que le choix fait par l’Église.
Jean de Saint-Thomas
« Si le pouvoir d’élire le pape appartient, par nature des choses et donc par DROIT DIVIN, à l’Église dans son ensemble avec sa tête, le mode concret d’élection », dit Jean de Saint-Thomas, « n’est pas indiqué dans les Écritures ; c’est une simple LOI ECLÉSIASTIQUE qui détermine quelles personnes, dans l’Église, peuvent validement procéder à l’élection. »
Saint Robert Bellarmin
« S’il ne demeurait aucune constitution sur le mode d’élection d’un souverain pontife, ou si, par hasard, tous les électeurs désignés par le droit, c’est-à-dire tous les cardinaux, périssaient simultanément, le droit d’élire reviendrait aux évêques voisins et au clergé romain, mais en dépendance d’un concile général d’évêques. (…) c’est, sans aucun doute, un concile d’évêques qui possède l’autorité première d’élire, car, à la mort d’un pontife, il n’y a pas, dans l’Église, de plus grande autorité que celle d’un concile. (…) Et on n’a jamais entendu dire, et on n’a jamais lu que les évêques, les archevêques et les patriarches de tout l’univers se soient réunis pour élire un souverain pontife, sauf dans le cas où l’on avait un doute sur les électeurs légitimes. Ce doute devait trouver sa solution dans un concile général, comme cela est arrivé au concile de Constance. »
[…]
« Mais le Concile de Constance n’a-t-il pas formellement proclamé « que le Concile général a, du Christ, une autorité immédiate, à laquelle tous sont tenus d’obéir, même ceux qui sont revêtus de la dignité pontificale » ?
Réponse de Bellarmin :
« Le Concile de Constance n’a pas défini absolument que le concile avait du Christ ; mais seulement dans le cas où l’on se trouvait [exception, cas extraordinaire], c’est-à dire dans le cas de schisme, alors qu’on ne sait pas quel est le vrai Pape. En effet, un pape douteux n’est pas regardé comme un vrai Pape ; et avoir sur lui l’autorité n’est pas avoir l’autorité sur le Pape. »
Cardinal Louis Billot
« Mais l’élection de l’Evêque Suprême relève sans aucun doute de l’ordre de l’Église universelle. Examinons maintenant, néanmoins, comment la loi s’appliquerait en cas de survenance d’une situation extraordinaire dans laquelle il serait nécessaire de procéder à l’élection d’un Pontife alors qu’il ne serait plus possible de respecter les conditions déterminées par la loi pontificale précédente ; comme certains le pensent lors du Grand Schisme lors de l’élection de Martin V. Une fois que nous accordons la survenance de telles circonstances, il faut admettre sans difficulté que le pouvoir d’élection reviendrait à un concile général. Car la loi naturelle elle-même prescrit qu’en pareil cas l’attribut d’un pouvoir supérieur descend, par voie de dévolution, au pouvoir immédiatement inférieur dans la mesure où il est indispensable pour la survie de la société et pour éviter les tribulations d’un manque extrême. En cas de doute, cependant (par exemple quand on ne sait pas si quelqu’un est un vrai cardinal ou quand le pape est mort ou incertain, comme cela semble s’être produit à l’époque du Grand Schisme qui a commencé sous Urbain VI), c’est pour affirmer que le pouvoir d’appliquer la papauté à une personne (les conditions requises ayant été remplies) réside dans l’Église de Dieu [l’Église catholique romaine]. Et puis par voie de dévolution, on voit que ce pouvoir descend à l’Église universelle, puisque les électeurs déterminés par le Pape n’existent pas » (Cajetan). Je le dis, cela se comprend sans difficulté si la survenance de telles circonstances est admise. »
Mgr Capellari
« La puissance de l’Église, en de pareils cas, est aussi incontestable, qu’il est évident que Jésus-Christ, en établissant, pour la sécurité des fidèles, un gouvernement immuable, visible et perpétuel, doit avoir pourvu son Église de tous les moyens qui lui sont nécessaires pour repousser un chef illégitime. Il lui a donc certainement conféré le droit, dans le cas d’un doute fondé et raisonnable sur la légitimité d’un Pape de procéder à l’élection d’un autre, surtout si celui dont la légitimité serait suspecte ne cessait de l’inquiéter en mille manières. Il y aurait lieu d’accuser Dieu lui-même de n’avoir pas suffisamment pourvu à son indéfectibilité, s’il ne lui avait pas laissé les facultés nécessaires en de telles circonstances. »
De la cessation des lois ecclésiastiques
« Si le but de la loi devait cesser d’agir de manière contraire dans l’intérêt de la communauté — c’est-à-dire si un préjudice commun devait en résulter —, la loi ne serait pas contraignante, car elle serait à juste titre considérée comme suspendue, en raison d’une interprétation bienveillante de l’esprit du législateur. » (Cappello 5:199)
De la capacité des évêques sans titre d’être représentés à un concile général
Canon 223
§ 1. Sont appelés au Concile et y ont voix délibérative :
§ 2. Les évêques titulaires, convoqués au concile, obtiennent eux aussi voix délibérative, à moins que la convocation n’exprime expressément le contraire.
De la qualification de l’Église comme société parfaite
Immortale Dei
il faut admettre que l'Eglise, non moins que l'Etat, de sa nature et de plein droit, est une société parfaite
Mystici Corporis
une même raison a poussé le divin Rédempteur à vouloir, d'une part, que le groupement des hommes fondé par lui fût une société parfaite en son genre et munie de tous les éléments juridiques et sociaux, pour perpétuer sur la terre l'œuvre salutaire de la Rédemption
[…]
en supprimant ce Chef visible et en brisant les liens lumineux de l'unité, ils obscurcissent et déforment le Corps mystique du Rédempteur au point qu'il ne puisse plus être reconnu ni trouvé par les hommes en quête du port du salut éternel.